Manger des insectes n’est pas sans risque


La consommation d’insectes ou l’entomophagie se développe en Europe depuis quelques années. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES), cette pratique comporterait des risques sanitaires. l'Agence dresse ses recommandations dans un avis publié aujourd'hui.

Selon l'ANSES, les insectes peuvent contenir des substances chimiques (venins, facteurs antinutritionnels, médicaments vétérinaires utilisés dans les élevages d’insectes, pesticides ou polluants organiques présents dans l’environnement ou l’alimentation des insectes, etc.) dangereuses pour notre santé. 

Dans certaines régions du monde comme l’Asie, la consommation d’insectes fait partie de la culture alimentaire traditionnelle. En Europe et notamment en France, cette pratique compte déjà de nombreux adeptes mais ne bénéficie d’aucune réglementation. C’est pourquoi l’ANSES publie ce jour un avis dans lequel elle dresse un état des lieux des risques liés à la consommation d’insectes, ainsi qu’une liste de recommandations ayant pour objectif “la mise en place de normes spécifiques et un encadrement adapté“.

Des conditions d'élevage qui restent floues

Certes les insectes sont très intéressants d'un point de vue nutritionnel, économique et écologique, mais les manger nous expose aussi à des risques sanitaires. Ces petites bêtes peuvent contenir des substances chimiques (venins, facteurs antinutritionnels, médicaments vétérinaires utilisés dans les élevages d’insectes, pesticides ou polluants organiques présents dans l’environnement ou l’alimentation des insectes, etc.) dangereuses pour notre santé.

Dans son avis, l’ANSES explique que le danger sanitaire peut ainsi provenir des conditions d’élevage et de production d’insectes qui ne bénéficient pas, pour l’heure, d’un encadrement spécifique. Et comme pour n’importe quel aliment d’origine animale ou végétale, une conservation non adaptée d’insectes peut les rendre impropres à la consommation humaine.

Gare aux allergies et aux virus transmis par les insectes !

Aussi, chez les personnes présentant des prédispositions aux allergies, la consommation  d’insectes présentant les mêmes allergènes que de nombreux arthropodes (acariens, crustacés, mollusques, etc.) est risquée. Enfin, les insectes sont parfois porteurs de virus, bactéries, parasites ou encore de champignons qu’ils peuvent transmettre à l’homme.

Établir une liste des espèces pouvant ou non être consommées

Face à ce manque de connaissances sur les risques liés à la consommation d’insectes, l’Agence recommande :

d’établir une liste des espèces pouvant ou non être consommées d’encadrer les conditions d’élevage et de production d’insectes d’alerter les consommateurs  sur le risque allergique lié à la consommation d’insectes de mener plus de recherches sur les sources de dangers potentielles d’étudier la question du bien-être animal pour les insectes

Selon les données actuelles, les insectes consommés le plus couramment sont les coléoptères, les chenilles, les abeilles, les guêpes et les fourmis. Viennent ensuite les sauterelles, les criquets et les grillons, les cigales, les cochenilles et les hémiptères, les termites, les libellules et les mouches.

Annabelle Iglesias

Source : Avis de l’ANSES “Consommation d’insectes : état des lieux des dangers potentiels et des besoins de recherche“, 9 avril 2015 (disponible en ligne)

Ecrit par:

Annabelle Iglesias

Créé le 09 avril 2015