Manger trop de fast-food pourrait nuire à la réussite scolaire


Hamburgers, frites et sodas seraient mauvais pour la santé et… la réussite scolaire. Une étude publiée dans la revue Clinical Pediatrics révèle que les enfants se nourrissant très souvent de junk food ont plus de difficultés en lecture, mathématiques et sciences, que les autres.

Consommer trop souvent de la nourriture de fast-food aurait des effets néfastes sur les capacités intellectuelles des enfants.

20% de progrès en moins

L’étude a porté sur 8 544 enfants américains âgés de 13 à 14 ans. Les chercheuses Kelly Purtell et Elizabeth Gershoff se sont renseignées sur les habitudes alimentaires et le niveau de lecture, maths et sciences de la cohorte, lorsque les enfants étaient âgées de 10-11 ans (l’année de CM2), puis vers 13-14 ans (entrée en 4eme). Résultat, les enfants qui consommaient très souvent de la nourriture de fast food (4 à 6 fois par semaine) vers 10 ans, progressaient moins que les autres enfants, en lecture, mathématiques et sciences, soit 20% de progrès en moins.

Du fast food tous les jours pour 10% des enfants

Parmi les 8 544 enfants américains qui ont participé à cette étude, deux tiers avaient mangé de la nourriture de fast food la semaine précédant le premier questionnaire, 10% étaient allés au fast food 6 fois dans la semaine et 10% avait mangé de la junk food tous les jours. 29% des enfants (seulement !) n’avaient pas mangé de fast-food la semaine précédant le questionnaire.
Vers 13-14 ans, les deux chercheuses ont à nouveau questionné les enfants sur leurs habitudes alimentaires. En observant les progrès réalisés par les enfants entre le CM2 et la 4eme dans les trois matières citées précédemment, les chercheuses se sont aperçues que les progrès étaient moindres chez les enfants ayant mangé du fast-food 4 à 6 fois par semaine. Chez ceux ayant mangé du fast food 1 à 3 fois par semaine, seuls les résultats en mathématiques étaient plus faibles.

Pour ne pas fausser les résultats, les auteures de l’étude précisent avoir “éliminé tous les facteurs connus pouvant influencer la réussite aux tests“ tels que le temps passé devant la télévision, les activités sportives, les autres habitudes alimentaires, le niveau socio-économique de la famille et les caractéristiques du quartier où vivaient et étudiaient les enfants.

Des aliments qui affectent notre corps et notre cerveau

“Il existe de nombreuses preuves que la consommation de fast-food est liée à l'obésité infantile, mais le problème ne s'arrête pas là“, signale Kelly Purtell. Ce lien entre fast-food et apprentissage s’expliquerait par la pauvreté nutritionnelle des hamburgers, frites et autres sodas.
Ce qu’il y a dans notre assiette a une influence directe sur nos performances intellectuelles. Mémoire, concentration ou apprentissage, les fonctions cognitives peuvent être dopées par certains aliments. Ainsi, les œufs de poisson, riches en Oméga3, permettraient d’améliorer notre mémoire, notre capacité à manier les idées et les concepts. A contrario, les graisses saturées (très présentes dans la junk food), auraient un effet délétère sur le cerveau.

“Nous ne disons pas que les parents devraient ne jamais nourrir leurs enfants avec du fast-food. Mais ces résultats suggèrent que la consommation devraient en être aussi réduite que possible“, conclut Kelly Purtell.

Annabelle Iglesias

Source : Fast Food Consumption and Academic Growth in Late Childhood, Kelly Purtell, Elizabeth Gershoff, décembre 2014, Clinical Pediatrics (accessible en ligne)

Ecrit par:

Annabelle Iglesias

Créé le 30 décembre 2014