La pomme de terre Amflora ne présente pas de risques selon le HCB


En mars 2010, la Commission Européenne autorisait la culture d'Amflora, doux nom d'une variété de pomme de terre génétiquement modifiée de la firme agrochimique allemande Basf. A l'époque, la France avait annoncé vouloir attendre l'avis du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB), alors saisi par le ministère de l'Agriculture. Ce dernier vient de rendre ses conclusions. Verdict : la culture de cette pomme de terre, non destinée à la consommation humaine, ne présente pas de risque particulier.

Amflora, variété de pomme de terre transgénique est uniquement destinée à des fins industrielles (dont l'amidon servira à la fabrication de papier par exemple) et pour l'utilisation de produits dérivés de l'amidon pour l'alimentation animale. Néanmoins, le comité scientifique du HCB a tout de même réalisé “une évaluation des impacts sur la santé humaine et animale (...), en raison de l'utilisation possible de sous-produits dans l'alimentation animale et, fortuitement, dans l'alimentation humaine“.

Résultat, “les études de toxicologie entreprises n'ont pas identifié de risque majeur lié à la consommation de ce végétal“, ajoute le conseil scientifique du HCB. D'autre part, “la culture de cette pomme de terre ne constituerait pas de risque particulier pour l'environnement“.

Néanmoins, le comité économique, éthique et social (CEES) du HCB, lui aussi chargé d'étudier le dossier, “diverge sur le sort à réserver, dans la décision politique, au gène marqueur de résistance aux antibiotiques“ présent dans la pomme de terre. Ainsi, “certains estiment que, du fait du manque de manque de connaissances sur la microbiologie du sol, une précaution maximale devrait être adoptée sous forme d'interdiction d'Amflora (...) D'autres invitent à prendre acte de l'absence de risque à laquelle concluent les scientifiques et observent que le principe de précaution n'implique en rien de parvenir à un hypothétique risque zéro.“

L'avis du HCB va aider les différents ministères impliqués (ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement Durable et de la Mer, ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche, et le secrétariat, d'État chargé de l'Écologie) à prendre leur décision. Pour le moment, ils ont simplement noté avoir pris connaissance de l'avis.

Actuellement, le seul moyen de refuser les cultures d'OGM est de faire jouer la clause de sauvegarde. La France a déjà mis en place cette clause sur le fameux maïs MON810, de même que 5 autres pays de l'Union Européenne, dont l'Allemagne (lire notre article). Libre ensuite aux Etats membres de cultiver ou non cette pomme de terre OGM.

Rappelons tout de même que c'est la première fois depuis 1998 que Bruxelles autorisait la culture de plantes OGM.

Emeline Dufour

Sources : Communiqué de presse du Haut Conseil des Biotechnologies, 28 juillet 2010 : Avis du HCB relatif à la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora“

Ecrit par:

La rédaction de Doctissimo

Créé le 28 juillet 2010